Prescripteurs de saines addictions

Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Cinq cartes brûlées
19,90
18 janvier 2020

Un roman noir très subtil.

Avec son nouveau roman et sa plume toujours aussi efficace, Sophie Loubière nous emmène une fois de plus dans les méandres les plus sombres de l’esprit humain.

On vient tous au monde avec avec un jeu de cartes imposé.
Si ce que l’on en fait ne dépend, en principe, que de nous, avoir de bonnes ou de mauvaises cartes dès le départ a forcément une incidence sur la partie que l’on jouera durant notre existence.

Le jour où Laurence vient au monde, on ne peut pas dire que les cartes qui lui sont distribuées sont particulièrement favorables, avec un frère qui la déteste et s’est juré de faire de sa vie un enfer et des parents plus tournés vers leurs propres problèmes que vers ceux de leurs enfants.

Grandir au sein de cette famille complètement dysfonctionnelle est une vraie gageure, et malgré son esprit vif et son imagination débordante, l’enfance de Laurence est une bataille dont elle ne sort pas souvent gagnante.

Alors, pour compenser, Laurence mange.

Elle se nourrit de tout, pour essayer de combler le manque de l’essentiel.
Elle prend du poids, comme pour essayer de peser dans la balance des décisions qu’elle subit plus souvent qu’à son tour.
Fournissant de nouvelles armes à celui qui la hait déjà tant.

Alors pour digérer les insultes et les coups bas, Laurence mange.
Et parce que Laurence mange, les méchancetés pleuvent.

Mais Laurence tient bon, et elle obtient même certaines victoires là où elle s’y attendait le moins.

Mais la partie ne fait que commencer, et la vie et son jeu de dupes lui réservent encore bien des embûches.

Avec un style toujours aussi direct, Sophie Loubière nous plonge dans l’existence de cette âme tourmentée et malmenée.
Sans fioritures et avec une justesse parfaite, elle nous dresse le tableau, glacial, d’une société où le paraître continue à s’imposer en maître absolu.

Une galerie de personnages taillés au scalpel, à la psychologie travaillée au bistouri.

Un constat sociétal sur l’apparence, toutes les apparences, surtout les plus trompeuses, qui laisse le lecteur sonné.

Ce roman noir, dur, et à la résonance terriblement actuelle, se lit d’une traite, presque en apnée.
Et laisse des marques. Beaucoup, et pour longtemps.

À lire absolument.

Cinq cartes brûlées
19,90
18 janvier 2020

Un roman noir très subtil.

Avec son nouveau roman et sa plume toujours aussi efficace, Sophie Loubière nous emmène une fois de plus dans les méandres les plus sombres de l’esprit humain.

On vient tous au monde avec avec un jeu de cartes imposé.
Si ce que l’on en fait ne dépend, en principe, que de nous, avoir de bonnes ou de mauvaises cartes dès le départ a forcément une incidence sur la partie que l’on jouera durant notre existence.

Le jour où Laurence vient au monde, on ne peut pas dire que les cartes qui lui sont distribuées sont particulièrement favorables, avec un frère qui la déteste et s’est juré de faire de sa vie un enfer et des parents plus tournés vers leurs propres problèmes que vers ceux de leurs enfants.

Grandir au sein de cette famille complètement dysfonctionnelle est une vraie gageure, et malgré son esprit vif et son imagination débordante, l’enfance de Laurence est une bataille dont elle ne sort pas souvent gagnante.

Alors, pour compenser, Laurence mange.

Elle se nourrit de tout, pour essayer de combler le manque de l’essentiel.
Elle prend du poids, comme pour essayer de peser dans la balance des décisions qu’elle subit plus souvent qu’à son tour.
Fournissant de nouvelles armes à celui qui la hait déjà tant.

Alors pour digérer les insultes et les coups bas, Laurence mange.
Et parce que Laurence mange, les méchancetés pleuvent.

Mais Laurence tient bon, et elle obtient même certaines victoires là où elle s’y attendait le moins.

Mais la partie ne fait que commencer, et la vie et son jeu de dupes lui réservent encore bien des embûches.

Avec un style toujours aussi direct, Sophie Loubière nous plonge dans l’existence de cette âme tourmentée et malmenée.
Sans fioritures et avec une justesse parfaite, elle nous dresse le tableau, glacial, d’une société où le paraître continue à s’imposer en maître absolu.

Une galerie de personnages taillés au scalpel, à la psychologie travaillée au bistouri.

Un constat sociétal sur l’apparence, toutes les apparences, surtout les plus trompeuses, qui laisse le lecteur sonné.

Ce roman noir, dur, et à la résonance terriblement actuelle, se lit d’une traite, presque en apnée.
Et laisse des marques. Beaucoup, et pour longtemps.

À lire absolument.

Celle qui pleurait sous l'eau
8 janvier 2020

Aussi bon que les précédents.

Comme l’année dernière, la rentrée d’hiver s’ouvre avec la parution du nouveau titre de Niko Tackian : Celle Qui Pleurait Sous L’Eau.

Et comme l’année précédente, les fans de romans policiers ont de quoi s’en réjouir.
Dans ce nouveau roman, nous retrouvons pour la troisième fois le Commandant Tomar Khan.
Après Toxique et Fantazmë, nous replongeons (sans mauvais jeu de mots) donc au milieu de l’équipe de Tomar pour une nouvelle enquête.

Le corps de Clara est découvert un matin au beau milieu d’une piscine publique, et, à première vue, le suicide ne fait aucun doute.
Si Tomar est prêt à classer l’affaire, Rhonda elle est persuadée que cette mort n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.
Alors pendant que le commandant Khan tentera de se sortir d’une sale affaire dont il ne garde pas de souvenirs, c’est elle qui va prendre les choses en main pour aller au bout de cette enquête et de son intuition.

Comme d’habitude avec cet auteur l’histoire démarre vite et fort. Les chapitres s’enchaînent rapidement tant le lecteur devient vorace à vouloir connaître le fin mot de ces deux enquêtes.

Les des grands points forts de Niko Tackian est sa capacité à créer chez nous une empathie très forte envers ses personnages, et ce nouveau titre échappe encore moins à cette règle que les précédents.
C’est dire à quel point cela fonctionne parfaitement.

Une autre des qualités de l’auteur c’est sa spécificité à nous offrir des histoires très cinématographiques, où chaque chapitre équivaudrait à une séquence (sûrement aidé en cela par sa casquette de scénariste).
Une technique qui opère complètement et qui rend ce polar absolument addictif.

On lui pardonnerait presque de nous offrir que 240 de lecture. Surtout qu’il parvient parfaitement à tout boucler avant le point final.

Si je dis « presque » c’est uniquement parce que qu’une fois la dernière page tournée, on se retrouve à attendre avec impatience son prochain roman, que l’on prendrait pourtant plaisir à enchaîner tout de suite après tant son style est efficace.

Je ne peux donc que vous conseiller fortement de lire ce roman.
Pour les messages importants qu’il véhicule, déjà.
Et pour le plaisir de retrouver cette plume, bien évidemment !

Les Refuges, Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone

Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone

Calmann-Lévy

19,90
9 décembre 2019

Le GRAND thriller psychologique de cette rentrée littéraire !

Coup de coeur phénoménal, Les Refuges, de Jérôme Loubry, vous emmènera très loin.

Si l'auteur n'en est qu'à son troisième roman, il franchit pourtant déjà, avec celui-ci, un cap qui sera difficile à concurrencer.

N'allez pas imaginer, à la lecture du synopsis, que c'est le genre d'histoires cent fois racontée, car vous vous méprendriez grandement.

J'ai moi-même commencé ce roman presque en dilettante, et j'ai rapidement compris mon erreur.
D'abord légèrement sonnée par la première surprise qu'il nous réserve, le rythme des gifles et des uppercuts s'est ensuite enchaîné à une allure telle que je suis restée, en refermant ce livre, deux bonnes heures assise sur mon canapé à ne rien faire d'autre que d'y penser et y repenser encore et encore.

Comment avais-je pu me faire avoir à ce point ? Ne rien voir venir ? Avoir pensé à tout sauf à ça ?

Tout simplement parce que Mr Loubry s'est donné le mal de construire une partie redoutable, dans laquelle il nous tient en échec durant 360 pages, avant de retourner complètement le plateau à la toute dernière.

Et c'est à la fois cruel et parfaitement délicieux.

J'ai été tour à tour stupéfiée et épatée, j'ai eu la chair de poule, et le souffle coupé.
Car si la fin est tout simplement remarquable, tous les chapitres qui nous y mènent ne le sont pas moins.

Et si Jerome Loubry installe au départ une ambiance sombre mais à la mécanique assez douce, c'est pour mieux nous tromper, et croyez-moi, à ce jeu là, il gagnera à de nombreuses reprises durant cette lecture.

Même en tentant d'imaginer tout est son contraire, chaque twist nous prend de cours. Mais surtout, chacun d'eux à ce côté fascinant qu'ont toujours les choses auxquelles on ne s'attend pas.

Ce thriller, véritable bombe atomique dans son genre, ne vous laissera pas une seconde de répit, et sa fin vous laissera sans voix.

C'est un roman que vous ne pourrez pas l'oublier, ni vous empêcher de le recommander à vos proches, pris entre la hâte de discuter avec eux du grand final et l'idée sadique, mais Ô combien satisfaisante, de voir leur réaction en le découvrant.

À lire, à dévorer, à conseiller, sans retenue aucune !

L'ACCIDENT DE L'A35
9 décembre 2019

Un polar tout en finesse et en férocité.

Un soir de novembre Bertrand Barthelme trouve la mort au volant de sa voiture. L’inspecteur Gorski, venu pour constater l’accident, se dit qu’aller annoncer la nouvelle à la famille du défunt sera très certainement l’aventure la plus palpitante qui lui sera donné de vivre ces derniers temps.

Car, croyez le ou non, mais dans la petite ville de Saint-Louis il ne se passe (presque) jamais rien.

Mais une fois devant la veuve, force est pour lui de constater 2 choses : la première étant que Mme Bartelme a une réaction pour le moins étonnante face à la mauvaise nouvelle qu’il vient lui annoncer.
Et la seconde, que la dite veuve est plus que séduisante.

Alors, puisque sa femme est partie et que Saint-Louis ne croule pas sous la criminalité, pourquoi ne pas faire plaisir à la jolie Lucette et essayer de savoir ce que son mari faisait sur cette route à un moment où il aurait dû se trouver en réunion ?

D’autant que Raymond, le fils Barthelme, semble lui aussi cacher des choses...

Graeme Macrae Burnet nous livre ici un polar dans la plus pure traduction du genre, avec pour décor une petite ville dont toutes les contradictions sont passées au microscope.

En plus de nous offrir une enquête à l’ancienne, avec calepins, filatures et appels depuis des cabines téléphoniques, il dissèque sous nos yeux, et pour notre plus grand plaisir, les mœurs des petites villes de province.
Et son coup de scalpel est absolument jubilatoire.

Mensonges, trahisons et petits secrets inavouables se partagent les pages pendant que les sourires de façade, l’excessive pondération et l’abus de faux-semblants nous sautent au visage.
Petites phrases assassines assénées par des gens de (presque) bonne éducation, et extrême mesquinerie cachée derrière les masques de convenances, relèvent encore un peu plus le menu dont l’auteur nous régale avec un style devenu bien trop rare.

Ce polar ne se lit pas pour son rythme, il se savoure pour sa justesse et son impertinence.

Si nous en avions déjà eu un bon aperçu avec La Disparition d’Adèle Bedeau, avec L’Accident de l’A35 il confirme son talent et imprime sa marque.

G. M. Burnet est décidément un auteur à suivre de près !