Prescripteurs de saines addictions

Lara C.

21,00
par (Librairie L'Armitière)
2 juin 2021

Suivez ce chat calico...

Sur les pas d'un chat calico le lecteur est invité à saisir des bribes de vie dans un Tokyo cosmopolite.

Tokyo, la nuit, c'est un peu fantasmagorique, parfois inquiétant, touchant aussi. Au gré des déambulations de ce chat, nous allons à la rencontre d'un tatoueur de Yakuzas, d'un rakugoka déchu, un couple mixte en proie à ses dysfonctionnements, un jeune garçon qui croise la route d'un Hikkikomori, un détective à la recherche d'un homme disparu et tant d'autres personnages qui sèment au fil des chapitres les bribes d'un petit fil rouge qui les relient tous à des degrés divers.

Tokyo, la nuit, c'est ce personnage insaisissable qu'est cette ville qui semble engloutir certains de ses habitants tandis qu'elle exerce une fascination folle sur les autres.

Tokyo, la nuit, c'est une invitation à dévorer un roman atypique dont les chapitres se suivent mais ne se ressemblent pas.

Dévoré en quelques heures à peine, on peut donc conclure que c'est un coup de cœur !

par (Librairie L'Armitière)
1 juin 2021

Saviez-vous que la langue japonaise compte près de 4 000 onomatopées ?

Si vous n'étiez pas déjà convaincus de la beauté et de la richesse de cette langue, ce livre atypique qui mêle graphisme et culture japonaise autour de 100 illustrations d'artistes du monde entier vous émerveillera.

Un petit bijou qui sort des sentiers battus et dont le nom même - Shuwa-Shuwa - porte en lui ce côté pétillant et rafraîchissant qui le caractérise.

Shuwa-Shuwa est un livre inclassable qui ne manquera pas de surprendre !

Je le recommande particulièrement aux apprenants en japonais, aux étudiants en graphisme/beaux-arts, à toutes celles et ceux qui ont une affinité particulière avec le Pays du Soleil Levant, ainsi qu'aux lecteurs de mangas.

Le Cherche Midi

22,00
par (Librairie L'Armitière)
14 avril 2021

Emira Tucker a 25 ans et un soir tandis qu'elle accompagne dans un supermarché la petite fille du couple pour lequel elle travaille en tant que nounou, elle est prise à partie par un vigile zélé, en raison de sa couleur de peau. On la soupçonne d'avoir enlevé cette enfant et tandis que la tension monte, toute la scène est filmée.

Lorsque la parole d'Emira est accaparée par deux Blancs, l'un par opportunisme, l'autre par fétichisme, se met en branle une mécanique implacable à partir de laquelle elle apparaît dépossédée d'elle-même. Parce qu'Emira ne veut pas être une victime ni qu'on la place dans ce rôle de composition déculpabilisant pour chacun de ses auto-proclamés "sauveurs".
Tout ce que souhaite Emira, du haut de ses 25 ans, c'est se trouver et réussir dans la vie, par la force de son travail et pour qui elle est.

Si parfois la narration peut se révéler confuse, c'est peut-être parce que les personnages eux aussi le sont.
Chapitre après chapitre, tandis qu'Alix, l'instagrameuse et fière mompreneuse, part à la dérive, que Kelley se radicalise dans sa cause et qu'Emira se cherche, ce premier roman grinçant pointe du doigt les contradictions de la société américaine autour de la notion de racisme.

Lorsque l'on achève ce roman, le cynisme de son titre n'en est que plus percutant dans une société où tout est image et où le moindre faux pas, ou erreur d'interprétation peut avoir des répercussions insoupçonnées.

Une auteure de la nouvelle génération qui pourrait bien jouer dans la cour des grands plus tôt qu'on ne le croit : à suivre de près !

par (Librairie L'Armitière)
13 avril 2021

Nous sommes en France, dans un futur proche. Le changement climatique a mis en souffrance le pays et les villes ne sont plus des lieux sûrs, c'est pourquoi Etienne se réfugie avec sa fille dans sa région d'origine, loin de tout. Pourtant, le danger guette : des disparitions sont rapportées chaque année dans les montagnes, les habitants sont à cran, d'autant qu'une mystérieuse institution - la Fonderie - semble avoir la main mise sur la commune.

Attaché à ses thèmes de prédilection (la nature et sa force, les hommes et leurs faiblesses) et dans une lignée cette fois plus apocalyptique, Johan Guillaud-Bachet nous offre un roman peut-être légèrement en-deçà de sa précédente oeuvre "La soif des bêtes", mais qui parvient une fois encore à nous immerger dans la rudesse d'un territoire, ou les non-dits sont nombreux, les secrets aussi, et où règnent bien des mystères,...

Un roman qui se lit d'une traite et nous plonge dans un monde qui pourrait être le nôtre demain...

22,00
par (Librairie L'Armitière)
13 avril 2021

Lorsque les disparitions d'enfants se multiplient dans son basti, Jai, 9 ans, décide de mener l'enquête avec ses amis Pari et Faiz. Entre les allées du Bhoot Bazar, les pistes sont nombreuses, et si Faiz pense qu'un Djinn est à l'oeuvre, Jai, lui compte plutôt mettre la main sur un malfaiteur en chair et en os.

En prenant le parti de se placer à hauteur d'enfant, Deepa Anappara nous offre une enquête en culottes courtes parfois drôle et souvent attendrissante qui cache pourtant une réalité bien cruelle qu'est celle de la disparition quotidienne d'enfants en Inde.

Et c'est précisément ce que j'aime dans la littérature en général et plus particulièrement dans ce roman : cette capacité à soulever des problèmes de fond - ici la pauvreté, la pollution, la condition des femmes, les conflits entre musulmans et hindous, et les rapts d'enfants - sous couvert de la fiction.

Avec maestria, Deeepa Anappara nous offre un éblouissant portrait de l'Inde d'aujourd'hui, tout en contrastes.