Prescripteurs de saines addictions

Caroline

Blaise
10,40
par (Librairie Dialogues)
18 mars 2009

J'ai toujours préféré que l'on me "passe" les livres. Parce qu'avant même de les ouvrir, ils ont déjà une histoire. La "préhistoire" de Blaise est très courte : Annaïg m'a simplement dit qu'il lui avait beaucoup plu. Et moi aussi, Blaise m'a beaucoup plu. Et même un peu plus que ça. C'est de la BD mais c'est du collage. C'est terrible mais c'est vraiment drôle. C'est exagéré et caricatural mais tellement vrai aussi. C'est ce que j'ai préféré je crois, toutes ces contradictions. (Avec le fait qu'Annaïg ait pensé que cela me plairait.)

Contre-jour

Seuil

35,50
par (Librairie Dialogues)
12 décembre 2008

«Culte». C'est à cette sauce-là qu'il est mangé quand on ne sait plus très bien avec quoi l'accompagner. Forcément, un écrivain que personne ne connaît personnellement, qui vit caché de ses pairs et qui efface sa biographie à mesure qu'il la compose, est immédiatement propulsé «auteur culte». Surtout quand il y a autant de façons de le lire qu'il y a de lecteurs, et que ce sur quoi ils s'accordent tous est que sa lecture a modifié leur manière de voir le monde. Rien de moins.

Alors non, ce n'est pas la néophyte que je suis qui ajoutera de l'eau au moulin qui a déjà concassé menu chacune de ses phrases, chacune de ses thèses. Seulement, je voudrais témoigner qu'il ne faut pas nécessairement être prix Nobel de littérature (à l'image d'Elfriede Jelinek qui a préfacé l'excellent «Face à Pynchon», tout juste paru au Cherche Midi) pour apprivoiser le «monstre sacré». «Monstre sacré», en voici une autre, d'expression toute faite, pour qualifier le bonhomme.
Dans son dernier roman, le sixième, magistralement traduit de l'anglais par Claro, Thomas Pynchon vous emmènera de l'Exposition universelle de Chicago en 1893 jusque dans les années 1920. Vous y suivrez les aventures de Franck, Lake, Reef et Kit, les quatre enfants d'un mineur américain anarchiste qui mène une carrière secrète de dynamiteur d'installations électriques et ferroviaires.

Il y aura des sauts, des soubresauts et des contre-sauts. Vous irez en prose ou en chansons, à bord du «Désagrément», un aéronef à hydrogène, en locomotive et même en machine à remonter le temps. La vraie, celle de Wells... Ou en tout cas vous essaierez. Vous parcourrez le monde dans toutes les directions, deviendrez un véritable Casse-Cou, irez de truculentes surprises en géniales découvertes, tenterez de démêler le vrai du faux, vous demanderez comment diantre un seul homme peut avoir autant d'imagination, vous ferez promener par le bout du nez, chercherez les filiations littéraires et stylistiques, en trouverez des milliers, n'en trouverez aucune. Et les 1.200 pages tournées, en redemanderez. C'est couru: parce qu'avant tout vous vous serez amusé.

Extra-muros, conte de la banlieue ordinaire

conte de la banlieue ordinaire

Éd. Hors commerce

par (Librairie Dialogues)
17 novembre 2008

"Les grands établissements humains, villes lumières, connaissent le grand malaise de la croissance. Notre société change d'échelle. Notre époque, c'est l'époque du plus grand nombre. C'est le moment critique. Que faire ? Refuser de voir la réalité ? Ou prendre des données actuelles et essayer de les résoudre ?" C'est signé Georges Candilis, architecte du Mirail, à Toulouse. A la source, une utopie. Un immense chantier en périphérie de la ville. Un beau et noble projet. Un idéal. Les doctrines de Corbu. Aujourd'hui, le Mirail, Saint-Denis, même combat. Même stigmatisation de la part des médias. On lit "cités" ; on lit "émeutes" ; on lit "insécurité", "voitures en feu"... mais on ne mesure pas, depuis les intérieurs douillets de nos cités intra-muros. Intervient Lance Bellamy et son roman "Extra-muros".

Lance Bellamy met le doigt où ça fait mal. Un peu comme à la bataille navale : il m'a touchée, coulée. Gérard Levant, son narrateur bardé de diplômes, se retrouve sans boulot. Dans son domicile, un studio banlieusard de 20m2 avec vue sur poutre, point de fauteuil LC4 signé Corbusier-Jeanneret-Perriand, juste le vide intersidéral laissé par les huissiers, et quelques manuscrits, tous refusés par les éditeurs du 6e arrondissement (intra-muros, toujours). Gérard Levant raconte : les boulots crasses, la misère du quotidien, les voisins qui dealent, les coups qui pleuvent, les balades à la jardinerie, le désespoir qui tombe au crépuscule lorsque s'éteint la télé. Il raconte aussi la vie des autres (les autres = moi, toi, vous), ceux qui peuvent s'enthousiasmer devant un meuble apéritif ("avec un décapsuleur amovible et un mini-frigo qui fabrique des glaçons frais") ou qui se promènent avec des petites valises contenant leur camescope... Il dit le mur invisible qui sépare ces deux mondes. Avec "Extra-muros", Lance Bellamy nous offre une hache pour venir à bout de ce mur. Avec l'humour, le panache et l'intelligence, peut-être bien que... "Extra-muros" fourmille de références, d'idées, de clichés dézingués, d'émotions. Je vous invite à découvrir ce roman et à en parler autour de vous.

L'espace d'un soir
par (Librairie Dialogues)
17 novembre 2008

Quelques heures mémorables ! La soirée pendant laquelle se déroule cette histoire deviendra pour bon nombre des personnages un moment charnière de leur existence. "L'espace d'un soir", c'est tout une comédie qui se joue dans un petit immeuble. On s'attache presque trop facilement aux personnages de l'album. Envie immédiate de retrouver les familles Vaneker et Orbay pour de nouvelles soirées... Je gage que vous lirez cette bande-dessinée une première fois, classiquement, l'une page après l'autre... puis que vous la relirez bande par bande, deux pages à la fois. Si vous trouvez d'autres sens de lecture, prévenez-moi !

Marilyn, dernières séances, roman
par (Librairie Dialogues)
17 novembre 2008

Vous n'êtes pas particulièrement "Marilynophile" ? Vous ne vous imaginez pas lire un livre entier sur une actrice hollywoodienne ? Vous vous dites "Encore un livre sur elle ?"... Eh bien laissez-vous tenter ! Au fil des pages, au fil des séances de Marilyn avec son psychanalyste Greenson, on se laisse happer par le récit. Terriblement bien documenté (et/ou farouchement bien inventé), ce texte est saisissant. Il montre une Marilyn Monroe des derniers mois, malade au possible, mais vraie, intense, terriblement humaine.
Bien sûr, si vous êtes déjà fan de l'actrice ou très curieux de la découvrir, le livre peut vous plaire aussi !
Prix Interallié 2006