Prescripteurs de saines addictions

L'Autre Monde L.

par (L'Autre Monde)
12 janvier 2018

Belles et rebelles

Avec ce livre, oubliez les contes de fées où les princesses attendent sagement leur prince charmant pour passer une vie oisive à faire beaucoup d'enfants... Les Histoires du soir pour filles rebelles vont vous présenter de véritables héroïnes, des femmes fortes et indépendantes qui se sont battues bien mieux que des chevaliers machos pour leurs (pour nos !) droits.

100 portraits de femmes qui ont construit l'Histoire du féminisme, et qui contribuent encore aujourd'hui à l'avancée de l'égalité hommes/femmes. 100 personnalités que l'Histoire ne peut plus oublier. 100 destins extraordinaires. 100 histoires qui, bien loin de vous endormir, éveilleront votre conscience féministe. Elles sont autrices, scientifiques, musiciennes, célèbres ou anonymes, nées ou devenues femmes, elles viennent de partout dans le monde, de tous les milieux sociaux, n'ont que faire des stéréotypes et sont toutes des pionnières dans le domaine des droits des femmes. Elles vous inspireront, vous feront rêver, mieux encore, deviendront vos modèles et vous donneront envie d'ajouter votre contribution à l'Histoire vous aussi.

Un livre qui malgré son titre n'est pas réservé qu'aux demoiselles, un livre sur les femmes, fait par des femmes – deux autrices et soixante illustratrices se sont associées pour ce projet : à mettre entre toutes les mains !

par (L'Autre Monde)
26 août 2017

Souriez, vous êtes filmés

Le narrateur est désabusé. Photographe raté pour l'art, il se retrouve à prendre des clichés de meubles pour un catalogue, dans une entreprise aux employés dont il refuse, pour la plupart, d'apprendre les patronymes, au profit de surnoms plus ou moins flatteurs. Il se convainc du bien fondé d'avoir abandonné une carrière au point mort pour payer ses factures et la maison de retraite de son père, qu'il n'appelle jamais, mais avec lequel il imagine des dialogues à longueur de journée. Il rencontre une femme, Nathalie, et s'installe peu à peu dans une routine, jusqu'au jour où son ami, Christophe, véritable machine à détruire, figure réjouissante du chaos au milieu d'un monde de faux semblants sur papier glacé, lui propose de renouer avec l'amour de l'art en montant avec lui un site de photos pornographiques. C'est à ce moment où toutes les convictions qu'il avait réussi à se forger – sur la maturité, sur la nécessité d'avoir un emploi stable, et même sur son couple – s'effondrent, à mesure que sa fièvre artistique grimpe.
On ressent facilement la frustration, puis l'ardeur, l'exaltation du héros. Son anonymité est symboliquement représentative du milieu où il évolue tout au long du roman : des meubles témoins, mis en valeurs par des acteurs qui feignent le bonheur en permanence, jusqu'à introduire cette déformation professionnelle dans leur vie privée, à l'instar de Nathalie ou de miss Kit-Kat.
Le cadre est étonnant, l'univers presque dérangeant, l’histoire originale, et le style évolue au fur et à mesure du livre, ressemblant de plus en plus à ces clichés en rafale que prend le narrateur. Un roman qui questionne la société de consommation, qui interroge nos modes de vie, et qui ne manque pas de nous divertir en même temps.

par (L'Autre Monde)
26 août 2017

Jusqu'à ce que la mort nous sépare

François vit depuis quelques temps une belle histoire d'amour avec Marie, et elle est folle de lui. Las ! Il est persuadé que cet amour, à son apogée, ne peut maintenant que diminuer. Marie va le quitter, c'est certain. La seule manière de faire durer toujours sa passion, c'est de mourir sans tarder, avant que la flamme ne s'éteigne définitivement. Il imagine déjà sa belle, éplorée, chérissant son souvenir dans la douleur... Mais loin de commettre l'irréparable, il décide de feindre son décès : il n'est pas utile de mourir vraiment pour rendre l'amour éternel, quitte à éviter maintenant quelques quartiers où sa dulcinée a ses habitudes.
Il change donc d'apparence et d'appartement, trouve un nouveau travail, fait de nouvelles rencontres... et ce qui devait arriver arriva. Il tombe amoureux, est aimé à nouveau, et là encore se résout à simuler sa mort avec la complicité de son meilleur ami et auto-proclamé demi-frère, malgré la désapprobation de ce dernier. Jusqu'où cette combine peut-elle aller ? C'est qu'à force de se rendre invisible, il pourrait bien le devenir vraiment.
Le personnage principal est imbuvable, un pervers narcissique dans toute sa splendeur, et c’est étonnamment jubilatoire ! C'est simple, on adore le détester. Ses travers poussent jusqu'à l'absurdité, une pointe de fantastique s'invite à la fête, et la recette est toujours gagnante, on ne se lasse pas de voir François mourir encore et encore. Ce roman se lit tout seul, c’est drôle, c’est bien mené, et la chute finale est exquise !

par (L'Autre Monde)
18 juillet 2017

Les nuits de laitue

Après Rosa Candida et Lettre à Helga, la découverte de cette rentrée aux éditions Zulma s'appelle Les Nuits de laitue.
C'est l'histoire d'un vieux couple, Ada et Otto qui vivent ensemble depuis plus de 50 ans. Otto et Ada aiment les polars, les documentaires animaliers, le chou-fleur et les tisanes à laitue pour combattre les insomnies. Autant Otto est un ours, autant Ada est une voisine idéale : elle aide ses voisins en toutes occasions, même à leur corps défendant parfois.
Le jour où il perd sa femme, Otto se demande comment renouer avec ses voisins qu'il voit de loin en loin depuis 50 ans et qu'il connaît surtout par les histoires abracadabrantes que sa femme racontait sur eux : le militaire japonnais coupé de sa hiérarchie qui a continué la guerre 50 ans après l'armistice, le facteur qui mélange le courrier pour obliger les voisins à se parler... Et puis, peu à peu, Otto se rend compte que peut-être ces histoires cachent autre chose...
Un roman drôle et tendre : assez bluffant pour un premier roman !

par (L'Autre Monde)
18 juillet 2017

D'après une histoire vraie

Delphine est un écrivain à succès. En tout cas, elle a connu un énorme succès avec son dernier roman mais depuis, elle peine à s'y remettre. Elle bulle, elle élude, elle prétexte, elle reporte, elle annule, elle recommence, elle change d'idée... : s’asseoir devant son ordinateur lui provoque des nausées (au sens propre) et écrire à la main lui provoque des douleurs dans tout le côté gauche (Delphine est gauchère).
Heureusement, son chemin croise celui d'une femme (écrivain elle aussi même si elle écrit pour les autres et ne signe jamais) qui va devenir son amie (ou plutôt redevenir son amie puisqu'elle se serait connue autrefois). L. va aider Delphine dans sa détresse, venir s'installer chez elle, faire sa correspondance puisqu'elle ne peut plus écrire, faire le vide autour d'elle pour qu'elle puisse se remettre au travail, le protéger des lettres anonymes malveillantes, prendre peu à peu possession de sa vie...
Un roman construit comme un miroir aux alouettes, qui vous tient et ne vous lâche plus, vous guide et vous perd tout à la fois : Delphine de Vigan nous montre toute sa virtuosité dans l'art de composer un récit, joue avec l'autofiction et par conséquent se déjoue avec brio de ses détracteurs qui prédisaient qu'elle n'aurait plus rien à raconter après Rien ne s'oppose à la nuit. Un roman abyssal qui n'est pas sans rappeler Stephen King ou Bret Easton Ellis. A dévorer en une nuit.