Prescripteurs de saines addictions

Le guide des voyages en cargo et autres navires
EAN13
9782849901120
ISBN
978-2-84990-112-0
Éditeur
Équateurs
Date de publication
Collection
Documents
Nombre de pages
345
Dimensions
20 x 13 x 2 cm
Poids
264 g
Langue
français

Le guide des voyages en cargo et autres navires

Équateurs

Documents

Indisponible
Slow is beautiful

Les sept éditions de ce guide reflètent l'extraordinaire mutation qui a eu lieu ces vingt dernières années dans les domaines du voyage et du tourisme. En quelques décennies, l'avion a livré les moindres recoins de la planète aux voyageurs avides. Plus de 80000 vols sillonnent le ciel chaque jour, et s'envoler aux antipodes pour passer un week-end n'a plus rien d'irréaliste. Mais voilà qu'après cette gabegie aéronautique, qui n'est pas sans conséquences sur les peuples et sur l'environnement, on voit poindre parmi les voyageurs une folle envie de lenteur, d'autre chose que le stress de la vitesse.
Voyager n'est-il pas avant tout un état d'esprit, plutôt qu'une performance kilométrique ? Le vrai voyage ne consiste-t-il pas à aller à pied, à cheval, à vélo, en bus, en stop, en train, en bateau ? Partir en cargo (ou sur tout autre navire) procède de ce même état d'esprit et nous donne l'occasion de nous ouvrir sur ce qu'il y a de plus grand ici-bas : la mer.
A la fin des années 1980, l'avion avait à ce point envahi l'espace touristique, que le voyage en cargo semblait relégué à un passé révolu, improbable vestige d'une époque romantique. Avant le règne dévorant de l'image, nous rêvions encore d'îles lointaines et de traversées interminables, sous la plume d'écrivains tels que Conrad, Cendrars ou Kerouac, nous étions les enfants de Tintin, dont les voyages et les aventures se déroulaient si souvent sur les mers.
L'avion c'est le tourisme, le bateau c'est le voyage. Éviter au maximum l'avion entraîne de nombreuses conséquences inattendues, des détours, des changements de programme, qui sont l'essence même du voyage. D'où la belle formule de Stevenson qu'on trouve en exergue de la première édition du Guide : "Voyager plein d'espoir est mieux que d'arriver". Tout est dit dans cette simple phrase, d'autant qu'étymologiquement, voyager signifie "parcourir le chemin", et non "parvenir à destination". Or, l'avion arrive, il ne voyage pas. Il gomme les territoires, écrase la notion de temps et de distance, ce qui non seulement rétrécit le monde, mais le pollue, intellectuellement et physiquement.
Après avoir moi-même voyagé à moto, en voiture, en bus, en train (des noms qui font rêver : Orient Express, Tamil Nadu Express, Transsibérien, Transcanadien, Trans-Américain), en bateau, j'ai pris la mesure, jour après jour dans la poussière des chemins, de ce grand corps que nous prétendons parcourir : la Terre. L'avion induit la notion d'urgence : les trajets - même au bout du monde - ne se calculent plus en jours, mais en heures. Comme l'avait redouté Kerouac : «L'ère de l'avion crucifie le vagabond».
Je bénis le ciel de m'avoir poussé sur les flots ! J'ai vécu parmi mes plus beaux souvenirs de voyage à bord de navires hétéroclites, caboteur indien, cargo mixte chinois, ferry soviétique, bananier français, porte-conteneurs au long cours, paquebot polonais... J'y ai fait d'inoubliables rencontres, et ces traversées m'ont amené dans des escales, des ports, des pays, des mers, où je ne serais jamais allé autrement.
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Rencontre à l'Armitière le jeudi 24 novembre 2016 pour son livre "Le carnet scientifique" (Grasset)
L'incontournable : https://www.armitiere.com/livre/960591-le-guide-des-voyages-en-cargo-et-autres-navires--verlomme-hugo-bombail-marc-antoine-equateurs