Prescripteurs de saines addictions

Vivre nu
EAN13
9782246830979
Éditeur
Grasset
Date de publication
Langue
français

Vivre nu

Grasset

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«  Mon enfance, je l'ai passée nue, entourée de corps nus. L’été, je
rejoignais mon oncle et ma tante dans un petit village naturiste du sud de la
France. Ce qui était un geste spontané, presque un réflexe, s'est transformée
en revendication, plus tard, quand ma nudité est devenue aux yeux des Autres
une transgression, une humiliation (presque chacun d’entre nous a déjà
cauchemardé de se retrouver nu devant tout le monde, à l’école ou au travail),
une source de fantasmes voire un délit, comme l'est la publication d'un pubis
sur les réseaux sociaux. On comprenait comme de l'exhibition ce qui, le plus
souvent, relève du camouflage.
Le cœur du naturisme, c’est toujours la Nature. C’est elle qu’on vient
rencontrer, toucher, sentir. Les pieds nus qui s’abîment sur les rochers.
L’herbe jaunie qui griffe les chevilles. Le soleil brûlant qui tombe sur le
nombril à midi. L’eau qui file sur les seins et suit les lignes de l’aine que
le moustique viendra piquer dans la nuit. La brise du soir qui sèche les
cheveux encore humides et caresse le dos.
J’ai choisi, comme 2,5 millions de Français, d’adopter un mode de vie
différent. Car le naturisme est aussi bien une philosophie qu’une pratique,
dont la nudité n’est qu’un élément. En hiver, les naturistes s’habillent bien
sûr, mais ils restent fidèles à des valeurs – l'acceptation du corps, le sens
de la communauté, la frugalité, mais aussi la liberté, et avec elle, la
revendication d'une contre-culture. »

M.C.

Dans ce récit aux accents d’invitation au voyage, Margaux Cassan nous conduit
dans l’univers méconnu du naturisme. Des premières communautés libres formées
par des anarchistes au début du XXème siècle aux utopies fanées des années
hippies; du village familial du Vaucluse où elle a passé son enfance  au
libertinage de l'Île du Levant, l’autrice dresse une cartographie
philosophique et historique de ce mouvement. Son témoignage, parfois
documentaire, parfois journal intime, interroge ce que la nudité dit d’une
société obsédée par la question du corps, mais incapable de montrer le sien.
Dans un monde où le vêtement sert les intérêts de la pudibonderie comme de l
’hyper-sexualisation, où il est devenu un marqueur social, qu'est-ce que la
vie nue ? Une autre manière d’habiller le monde.
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