Prescripteurs de saines addictions

Conseils de lecture

Boys Don't Cry
14,90
par (Librairie Dialogues)
22 novembre 2011

Alors qu'il s'apprête à recevoir ses résultats d'examen qui valideront son entrée à l'université, Adam a la surprise de voir réapparaître son ex petite amie tenant dans ses bras un bébé qui n'est autre que ... sa fille!
Adieu la fac d'histoire, les rêves d'avenir, le métier de journaliste: Adam va devoir faire face à ses responsabilités mais être père à 17 ans ne s'improvise pas. Il lui faudra de la patience ainsi que le soutien des siens, son père et son frère, pour y parvenir.
Un beau roman sur la famille, sur les relations parent-enfant, sur l'identité, sur la quête et l'acceptation de soi.
La famille Bridgeman vous fera monter les larmes aux yeux, c'est certain... Ames sensibles s'abstenir!


La décadence et autres délices
22,00
par (Librairie Dialogues)
7 novembre 2011

Une ode engagée aux rêveurs

Dans le roman de Véronique Beucler, La décadence et autres délices, toute une partie de la population d’une ville est touchée par d’étranges mutations physiques, simplement esquissées par l’auteur, au début du roman, pour laisser son lecteur évoluer en même temps que ses personnages, afin qu’il ne découvre pas de façon trop abrupte l’horreur de ces transformations.
La grippe porcine en est le facteur déclencheur. Mais le lecteur découvre une tout autre épidémie, insidieuse, fourbe, inconnue et quasi indescriptible dès la troisième page. A la manière de didascalies, clin d’œil au talent de dramaturge de l’auteur, deux jeunes femmes font la découverte de mutations étranges sur leur corps.

L’indicible entre ici en scène ainsi que Vladimir, le personnage central du roman et Jeff, son ami d’enfance dermatologue. Celui-ci lui fait part de son inquiétude car depuis peu il reçoit dans son cabinet des patients atteints par ces fameuses mutations. Vladimir rencontrera Ana une patiente de Jeff avec laquelle il ressentira le besoin de partir, en deuxième partie de roman, tant le monde dit « normal » leur échappera.

Des thèmes comme l’altruisme, l’amitié et la tolérance, jalonnent le texte et font avancer les personnages. Vladi découvre cependant avec horreur, la folie de l’Homme, c’est une histoire dans l’histoire: le gouvernement va proposer des jeux romains antiques, des combats hommes-animaux, des hommes contre des fauves, pour obtenir un visa de séjour en France. L’horreur continue : cette proposition attirera l’un de ses amis sans-papier qu’il tentera d’aider grâce à un ami commun.

Déçu et un peu perdu, il s’exilera avec Ana, pendant quatre ans, pour revenir dans une ville qu’il ne reconnaît plus, scindée en deux mondes : celui de la décadence et de ses délices, celui des mutations physiques assumées et de ces cochons auxquels on ne touchera plus, et surtout pas dans son assiette ! Et celui de la soi-disant norme, le monde de Jeff et de sa peur de l’autre, le monde qui n’accepte aucune différence, le monde de l’intolérance.

Véronique Beucler offre ici une écriture pleine de subtilités et d’humour, à travers ces scènes de plaisir. L’animal même qu’est le cochon évoque la décadence, la lubricité, il n’y a plus d’inhibitions, chaque lecteur se retrouve face à ses propres interdits moraux qui explosent complètement ici. De cette façon, comment ne pas sourire lorsque dans cette parfumerie, des essences aux noms de « truffes », « petit groin » ou encore « fumure » sont présentées à Vladi et Ana ! J’ai aussi aimé l’inventivité de Véronique Beucler et sa « chorale nouveau genre : c’est ni plus ni moins des grognements ! »

La décadence et autres délices est une ode engagée aux rêveurs, aux poètes, aux anti-cartésiens, « une société a besoin de rêveurs » comme le dit Kapzyk, l’un des personnages qui gravite autour de Vladi pour l’aider dans ses choix.

C’est aussi une lecture très agréable que l’on découvre sous la plume de Véronique Beucler. L’intelligence de ce style littéraire nous propose par exemple, une sorte de sommaire à la lecture de la première page du roman. Véronique Beucler, par petites touches ou simples mots, va nous guider dans son roman: « grognait » fait référence au cochon, l’animal de la métamorphose, le mot « rêve » indique l’essence même de cette « décadence », tout comme cette comparaison qui laisse présager des « délices » et autres métamorphoses à venir : « son corps, entendez toute sa personne[…] avait été remplacée par une trompe ».
Autre exemple d’inventivité, nous entrons dans ce roman en sortant du rêve du personnage principal, Vladimir. Astucieuse idée de la part de l’auteur, qui par cette entrée en matière, nous fait découvrir son plaisir de l’écriture qui jalonnera tout le roman, jusqu’à la dernière page.

Enfin, cette histoire surprend, tant par le thème que par l’écriture, c’est en tout cas ce que j’attends d’un livre. Je n’ai pas une fois été essoufflée dans ma lecture, c’était au contraire très fluide et très agréable.
Bonne lecture!


Le mur, le Kabyle et le marin
18,50
par (Librairie Dialogues)
23 octobre 2011

Ce livre en testament

Ce deuxième roman d'Antonin Varenne n'en est pas vraiment un. Ce n'est pas une fiction née de son imagination, mais le fruit d'une confession paternelle, au seuil de la mort.
L'histoire se déroule essentiellement aujourd'hui, mais c'est à la
guerre d'Algérie, en toile de fond constante, qu'elle doit son existence .
Pour retracer la vie de ces hommes écorchés, traumatisés, sacrifiés, pour rétablir une réalité honteuse et tue, il fallait le style percutant, la justesse des mots et le sens du récit d'Antonin Varenne.


Et que le vaste monde poursuive sa course folle
8,80
par (Librairie Dialogues)
23 octobre 2011

Un fil tendu, un funambule et....

Et tour à tour des récits naissent, de personnages du quotidien très touchants , liés entre eux par les hasards de la vie : un homme de foi qui défend les prostituées en bas de chez lui, la passagère de la voiture qui le percutera, des femmes de tous horizons ayant chacune perdu leur fils au Vietnam(nous sommes à New York en 1974)...
Servi par un choix de mots qui donne presque l'impression au lecteur d'être lui-même sur le fil du funambule, ce roman tout en fragilité se révèle si fort et attachant qu'il en devient véritablement difficile à refermer à son terme.


CARNAVAL ANIMAL
par (Librairie Dialogues)
22 octobre 2011

Ce méli mélo d'animaux nous permet d'inventer toute une série de créatures aussi farfelues qu'étranges. Le graphisme est élégant et les mécanismes simples et efficaces. J'ai ainsi pu créer un coq à la peau rugueuse avec une queue en éventail, ou bien un renard au ventre rebondi en équilibre sur ses maigres pattes... Je vous conseille de vous laisser tenter par cet album ludique qui stimule l'imagination comme souvent dans les livres animés. Un bel objet surtout que c'est le premier de cette illustratrice, alors félicitations.

Lien : http://ohpopup.canalblog.com/archives/2011/10/18/22394575.html