Prescripteurs de saines addictions

Conseils de lecture

18,30
Conseillé par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Un milliardaire, le « roi du hamburger », engage une écrivaine française pour raconter son illustre personne. Partagée entre dégoût et fascination, celle-ci remplit son contrat. Sous nos yeux, la biographie prend forme, imparfaits du subjonctif et dérapages comico-vulgaires : des ruptures de ton et une autodérision auxquelles Lydie Salvayre nous avait habitués dans La méthode Mila, son précédent roman. On rit (beaucoup), et on réfléchit en même temps aux rapports entre l'art et l'argent...


roman

Joëlle Losfeld

12,10
Conseillé par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Une narratrice anonyme, jeune femme passive qui se laisse guider par les choix que prend son entourage pour elle, épouse Sylvain, violoniste médiocre. S'installe alors la banalité du quotidien, sans surprise, rythmée par les monologues intérieurs de notre narratrice, remarques acerbes et désabusées. L'enfant désiré apparaît, mais ne parvient pas à chasser le malaise qui s'empare progressivement de cette jeune femme qui se sent abandonnée de tous, délaissée par son mari, exclue de son univers professionnel, et se retrouve seule face à ses nouvelles responsabilités de mère. Survient alors le drame, l'impensable, l'acte le plus abject qu'une mère puisse commettre. Le roman peu consensuel, voire dérangeant, aborde un sujet tabou : celui de la maternité endurée, subie plutôt qu'épanouissante.


Belfond

Conseillé par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Stephen Swann est fou amoureux de la chanteuse Zoli Novotna, une Tzigane énigmatique et mystérieuse. Elle chante la vie des siens, leurs joies et leurs drames, et, secrètement, écrit des poèmes. Swann voudrait l'aimer mais son statut d'étranger l'en empêche. Parce qu'il l'aime et qu'il ne peut l'avoir, Swann va trahir Zoli en lui volant ses histoires pour en faire un livre... Mais Zoli est une femme impétueuse, aussi libre que le vent. Un roman poignant et attachant.


Éditions de L'Olivier

18,30
Conseillé par (Librairie Dialogues)
20 août 2007

Parvenu à l'hiver de sa vie, Raj se remémore son enfance mauricienne : l'indéfectible tendresse qui l'unissait à ses deux frères, leurs balades en forêt, les sourires complices à l'approche de la rivière mais aussi la violence de leur père, les cyclones qui s'abattaient sur l'île et dévastaient tout sur leur passage. Et David... Que fait ce petit garçon frêle, au sourire lumineux derrière les barreaux de la prison de Beau-Bassin? Et toutes ces personnes, silhouettes fantomatiques, enfermées comme lui et qui ne ressemblent guère aux méchants, aux voleurs décrits par son père.

A des milliers de kilomètres de son île, Raj ignore tout de la tragédie qui frappe les juifs européens. La force de ce roman porté par une écriture limpide, réside dans le double point de vue du narrateur : le regard innocent d'un enfant ignorant tout de la barbarie humaine exercée contre les juifs à cette époque, et celui du vieil homme anéanti par tant de cruauté mais aussi par sa propre lâcheté.


14,75
Conseillé par (Librairie Dialogues)
14 août 2007

« Baisers de cinéma » est assurément le meilleur roman que j'ai lu en cette rentrée littéraire. Et peut-être le meilleur que j'aie lu cette année. Je l'ai savouré lentement, assis sur un banc, à l'ombre des grands arbres, au bout du quai Bourbon. «  Baisers de cinéma » est une promenade dans Paris, dans l'île St Louis, rue Cassette..., avec arrêts dans les cinémas d'art et essai du quartier latin. Le narrateur y scrute, presque compulsivement, les films de la Nouvelle Vague. Et « Baisers de cinéma » devient alors non seulement une promenade dans Paris, mais aussi un roman du cinéma dans lequel Eric Fottorino nous offre de magnifiques éclairages sur la lumière.

Et puis « Baisers de cinéma » c'est aussi un roman sur la quête de mémoire, la piété filiale, celle que le héros voue à son père (photographe de la lumière, photographe du cinéma) dont l'ombre est omniprésente dans le livre. « Baisers de cinéma » c'est encore un roman sur l'absence, celle de la mère, dont le héros espère l'apparition un jour au détour d'une projection dans l'une des salles obscures qu'il fréquente. C'est que son père lui a laissé des dizaines et des dizaines de bouts d'essais et de photos d'actrices dont l'une, mais Gilles Hector ne sait laquelle, a été sa mère. Et puis un jour que la projection s'achève, aux 3 Luxembourg, sa voisine de fauteuil semble droit sortie d'un film d'Eric Rohmer (à moins que ce ne soit de Truffaut ?). Le livre devient alors un roman de la passion, de la déraison amoureuse qui monte comme la vague et submerge tout. (Tout sauf le mari trompé dont le portrait est à peine, en arrière-plan, mais avec quel talent, esquissé par Fottorino, et dont on devine tout l'héroïsme, tout le malheur muet, tout l'amour qu'il porte à son garçon et, malgré tout, à sa femme infidèle.). Mais la mer toujours se retire, de la femme parfaite apparaissent bientôt les défauts, la vague reflue, l'envoûtement d'abord croissant de l'amoureux devient désamour. Tout cela est magnifiquement construit, parfaitement amené et écrit avec tellement de subtilité, de légèreté, de délicatesse... Un grand, grand bonheur de lecture.