Prescripteurs de saines addictions

Conseils de lecture

par (Librairie Dialogues)
20 septembre 2007

Que fait-on lorsqu'un prof nous prend au dépourvu en nous posant la question suivante : « Quel sera le sujet de votre prochain exposé ? » et qu'on est terrorisé à l'idée de s'exprimer devant sa classe ? Acculé, peut-être choisit-on la première idée qui nous traverse l'esprit sans vraiment mesurer les conséquences de ses paroles.C'est en tout cas ce que fait Lou, timide adolescente de treize ans, toute chétive, intellectuellement précoce, dont l'étude portera sur les femmes sans domicile fixe. Et Lou ne se contentera pas de statistiques ou de théories : elle ira sur le terrain, arpenter les rues afin de recueillir des témoignages.C'est ainsi que Lou fait la connaissance d'une jeune fille à peine plus âgée qu'elle : No. A force de patience et de détermination, Lou apprivoise No, découvre son quotidien.Une fois la copie rendue, Lou ne parvient pas à réintégrer « sa vie d'avant », à se détacher de No, à faire comme si cette rencontre n'avait eu aucune incidence sur sa vie. Animée d'une farouche volonté, Lou, cette gamine cérébrale qui lutte contre le fatalisme des adultes, va tenter d'aider son amie coûte que coûte. "No et moi" est un roman comme on souhaiterait en lire plus souvent, qui contourne avec brio les clichés et la noirceur attendus par son sujet. En témoignent la multitude de questions que Lou se pose - et qui n'auraient même pas effleuré l'esprit du lecteur, ses collections (de mots, d'emballages de surgelés, « de toutes sortes de trucs ») et ses remarques affûtées sur le monde qui l'entoure : des moments de pure drôlerie.


par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Fin du règne de Louis XIV... Françoise de Joncoux, historiographe des Solitaires des Granges et des religieuses de Port-Royal-des-Champs, Marie-Catherine Racine, fille aînée de Jean, parmi d'autres nombreuses voix, arrachent à l'oubli le fameux couvent qui osa résister au tout puissant Roi-Soleil. Pujade-Renaud ressuscite de façon magistrale et poignante une époque où il n'était pas rare de sacrifier son existence à ses convictions. Aristocrates, bourgeois ou gens « de peu », pédagogues étonnamment modernes, penseurs et poètes, le lecteur découvre une galerie de portraits qui n'est pas sans évoquer certains tableaux austères de Philippe de Champaigne. Un superbe roman d'atmosphère.


Christian Bourgois

25,35
par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Patrick et Mary, leurs deux garçons, Robert et Thomas (un bébé), Eleanor, la grand-mère New-Age, chacun à son tour évoque son été en Provence et aussi tout ce qui a compté dans sa vie - ainsi le petit Robert sa propre naissance, un point de vue plutôt rare ! - c'est très anglais, très sensible, drôle et fin.


18,30
par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Un milliardaire, le « roi du hamburger », engage une écrivaine française pour raconter son illustre personne. Partagée entre dégoût et fascination, celle-ci remplit son contrat. Sous nos yeux, la biographie prend forme, imparfaits du subjonctif et dérapages comico-vulgaires : des ruptures de ton et une autodérision auxquelles Lydie Salvayre nous avait habitués dans La méthode Mila, son précédent roman. On rit (beaucoup), et on réfléchit en même temps aux rapports entre l'art et l'argent...


roman

Joëlle Losfeld

12,10
par (Librairie Dialogues)
23 août 2007

Une narratrice anonyme, jeune femme passive qui se laisse guider par les choix que prend son entourage pour elle, épouse Sylvain, violoniste médiocre. S'installe alors la banalité du quotidien, sans surprise, rythmée par les monologues intérieurs de notre narratrice, remarques acerbes et désabusées. L'enfant désiré apparaît, mais ne parvient pas à chasser le malaise qui s'empare progressivement de cette jeune femme qui se sent abandonnée de tous, délaissée par son mari, exclue de son univers professionnel, et se retrouve seule face à ses nouvelles responsabilités de mère. Survient alors le drame, l'impensable, l'acte le plus abject qu'une mère puisse commettre. Le roman peu consensuel, voire dérangeant, aborde un sujet tabou : celui de la maternité endurée, subie plutôt qu'épanouissante.