Prescripteurs de saines addictions

Conseils de lecture

18,40
par (Librairie Dialogues)
19 avril 2005

"Homère" finissant, comme "odyssée", par un e, méritait finalement d'appartenir plutôt au genre féminin. On en est presque convaincu lorsqu'on referme le livre d'Annie Leclerc... Il ne faudrait tout de même pas prendre pour une idiote celle qui fut entre toutes "experte à filer et défiler les ruses"! "A qui, à quoi pensais-tu", toi, Pénélope?  A Ulysse seulement? Pendant 20 ans? Impossible. Tu pensais forcément à autre chose aussi, à des milliers d'autres choses. Mais lesquelles?
L'auteur scelle ainsi un pacte avec son héroïne, contre ce qu'elle nomme "le bien-entendu habituel", et choisit de réécrire à sa façon le retour du vaillant Ulysse à Ithaque, auprès de sa fidèle Pénélope : dans une sorte d'anti-épopée au féminisme allègrement provocateur, alternant apostrophes en prose et stances alexandrines, elle célèbre la complicité des femmes (le choeur antique!) face au camp des hommes. Chapeau bas, vous Mesdames, applaudissez l'aède, son chant et sa lyre... Et vous, Messieurs, qui ne manquerez pas de lire ce roman, qu'en pensez-vous?


13,15
par (Librairie Dialogues)
19 avril 2005

Ce premier roman relate avec talent la vie d'un homme qui vient de perdre sa femme. Dès lors, une quête infinie vers l'éternité se met en place. Rappelant celle de Rimbaud dans la campagne ardennaise, il rencontre ainsi plusieurs personnages qui croient l'aider à récupérer son identité alors que lui ne désire que retrouver sa femme et lui donner ce qu'il n'a pas réussi à accomplir : l'acte d'aimer et d'écouter.


par (Librairie Dialogues)
19 avril 2005

Une écriture délicate, virulente, qui dresse deux portraits puissants et complexes. Sandor Marai est désormais considéré comme l'un des écrivains Hongrois majeurs du siècle dernier.
Par l'auteur des "Braises", autre roman à lire absolument.


par (Librairie Dialogues)
19 avril 2005

Joseph est un écrivain sans succès qui mène une vie trop banale à son goût. Ne supportant plus le poids de ses racines, il aime se perdre dans la ville de LOndres où il retrouve ses amis artistes : Charles et Albert. Il évoque ainsi sa vie, celle d'un homme en proie à la solitude et à l'incompréhension d'une femme qu'il aime par habitude et qu'il va tromper afin d'exprimer sa passion.

Il se définit lui même comme un personnage de roman : "Joseph GRAND. Né en 1926 en Pologne. Arrive au Canada avec ses parents [...] s'enrôle en 1944 dans la RCAF, l'armée de l'air canadienne de sa majesté. [...]Après la guerre, retourne en Angleterre. Epouse une britannique. Ecrit des chroniques de voyages."
On est touché par son témoignage sincère car sa vie humble et intimiste pourrait être très bien la nôtre. Dans une langue épurée, sublime et authentique, Norman Levine décrit avec habileté le désenchantement de l'homme. Ses personnages évoluent ainsi dans un cadre unique teinté d'une atmosphère romantique et expressionniste. L'ivresse de l'amour, la beauté de la ville, la quête d'identité et des sentiments sont autant de thèmes que l'auteur traite avec force et maturité.


13,15
par (Librairie Dialogues)
19 avril 2005

"C'est aujourd'hui qu'elle est morte. Ou bien hier ? Avant hier ? Qu'importe pour lui, la pendule s'est arrêtée sur aujourd'hui."
"lui", le viel homme, a quitté "aujourd'hui" sa maison. Mettant le cap à l'ouest, il traverse la campagne ardennaise, puis Paris, grande ville étrangère au petit matin, à nouveau les chemins des prés, des bois, des fossés humides et froids comme des tombeaux. A pied, il marche jusqu'au bout de ses forces, vers le couchant de sa vie. Sa solitude croise d'autres solitudes : un routard vagabond et amical, une grand-mère compatissante et sa petite fille pleine de questions étonnées, qui lui offrent une nuit dans un vrai lit. Une jeune femme sculpteur, surtout, qui va l'aider à mourir et modeler dans la terre glaise le visage de deuil...