Prescripteurs de saines addictions

Ecoute la pluie

Michèle Lesbre

Sabine Wespieser Éditeur

  • Conseillé par (Librairie Coiffard)
    18 mai 2017

    Conseillé par Stéphanie

    Parfois un petit tableau suffit à dire l'essentiel, à faire exister ce fil magique entre l'artiste, son oeuvre et l'anonyme qui prend le temps de regarder. Je pense au "Chardonneret" de Carel Fabritius par exemple, ou encore à "Femme étendue sous un arbre" d'Odilon Redon. Michèle Lesbre est ce genre d'artiste. Ses livres sont toujours brefs. Mais quelle intensité!
    La beauté se cache souvent dans la brièveté ; "Ecoute la pluie" est là pour nous le rappeler.
    Sur un quai de métro, un sourire inattendu, offert comme un cadeau ultime, va bouleverser les projets et la vie d'une femme. Sous une pluie orageuse parisienne, une quête intérieure s'ensuit. Gisèle, c'est son prénom, va errer jusqu'à, peut-être, trouver la réponse à l'essentiel. Ce texte est poétique, lumineux, raffiné.
    Michèle Lesbre a décidément un talent de miniaturiste.


  • Conseillé par (Librairie Le Neuf)
    16 avril 2013

    Pour résumer l'écriture de Michèle Lesbre, on pourrait dire: élégante, précise, percutante et aérienne. Chacun de ses livres est un moment unique et fort qui marque la mémoire de son lecteur. C'est ainsi que ce grand écrivain nous avait ébloui avec « La petite trotteuse », « Le canapé rouge » ou encore « Nina par hasard » pour ne citer que certains titres.
    Avec « Écoute la pluie », Michèle Lesbre nous raconte l'histoire d'une jeune parisienne qui assiste impuissante au suicide d'un vieillard dans le métro après lui avoir adressé un joli et dernier sourire. Bouleversée par ce terrible choc, la jeune femme qui devait rejoindre son amant, va errer dans les rues de Paris pendant toute une nuit. Obnubilée par le souvenir du vieil homme, ses déambulations la conduiront à s'interroger sur cette relation étrange qu'elle vit avec son amant, les sentiments réels qu'ils se portent l'un à l'autre et le sens de cette histoire. Un récit puissant et troublant.


  • Conseillé par
    31 mars 2013

    amour, pluie, vie

    Il est des livres qui sont comme des respirations dans ma vie, celui-ci en fait partie, qui raconte les promenades sur la plage de la narratrice et de son amoureux ; qui raconte sa déambulation dans Paris une nuit à la rencontre d'amie mais aussi d'inconnus.

    Elle cherche un sens a un sourire ; une explication à un geste qui n'en aura jamais ; elle fait le point sur son amour.

    Sous un ciel d'orage, un ciel de pluie.

    J'ai aimé cet errement profond de l'héroïne qui met en mots ce que son amoureux met en images.

    J'ai aimé cette idée de départ : un sourire, un geste peut bouleverser notre quotidien et nous faire, enfin, pleinement vivre.

    C'est très beau, et c'est ce que permet la littérature et la très belle plume de l'auteure, découverte avec "Le canapé rouge".

    L'image que je retiendrai - une citation, pour une fois :

    "Son sourire vous a donné quelque chose qu'il faut garder".

    http://motamots.canalblog.com/archives/2013/03/20/26686650.html


  • Conseillé par (Librairie L'Armitière)
    26 février 2013

    Plic Plic Ploc

    Un livre d'une grande fraicheur. Pas forcément très facile à lire, il s'agit d'une errance. La narratrice raconte tout ce qui lui passe par la tête et passe constamment du coq à l'âne... Donc, c'est un peu décousu mais pour peu que l'on arrive à entrer dans son délire, c'est un livre tout simplement magnifique et qui donne envie de vivre !


  • Conseillé par
    19 février 2013

    En attendant le métro, la narratrice assiste impuissante au suicide d’un monsieur âgé sur le quai d'en face. Avant de se jeter sous la rame, il lui a souri. Hantée par cette image, elle qui devait rejoindre son amant pour un week-end au bord de la mer se retrouve assaillie de souvenirs et de pensées.

    De Michèle Lesbre, j’avais tenté de lire le canapé rouge. Une lecture qui s’était soldée par un abandon. Cette fois, j’ai voulu aller au bout de court roman pour comprendre la narratrice. Elle nous raconte sa vie amoureuse. Lui est photographe et s’est éloigné géographiquement. Leur relation de couple est quasi finie. Et ce week-end prévu là où ils avaient vécu des moments de bonheur ressemble plus à une porte qui se tournera définitivement.
    Je comprends que l’on puisse être affecté, choqué par un suicide même si l'on ne connaît pas l'individu. A partir cet évènement, la narratrice déroule ses souvenirs, agit comme une personne différente. L’écriture avec des émotions dépeintes par touches n’a pas suffi à souffler le voile monotone.
    Un roman où des fragments épars, distillés sans grand intérêt instaure un ennui. Pire, je n’ai pas compris la finalité de ce roman.


  • Conseillé par
    10 février 2013

    Une jeune femme attend un métro. Au moment où la rame entre en gare, un vieil homme lui sourit et se jette sous les rails. La jeune femme s’enfuit et erre dans la ville, sous la pluie, tourmentée par l’image de cet homme souriant. Ce faisant, elle oublie son rendez-vous avec son amant dans un hôtel près d’une plage. Ce n’est qu’au matin qu’elle raconte sa nuit déambulatoire. Mais l’amant photographe n’est pas sensible aux mots : saura-t-il entendre tout ce que signifie la phrase « Écoute la pluie » ?


    Le récit de la marche sous la pluie s’entremêle de souvenirs. On perçoit que le couple a vécu de belles heures et qu’il tente de réchauffer un sentiment qui vacille. « Les voyages nous ont beaucoup portés, les retours nous ont perdus parfois. » (p. 24) La nuit d’amour devenue nuit de mort semble ne jamais finir et la pluie qui balaye la ville n’efface pas l’image macabre du vieil homme. Et pour une fois, la tourmente n’apaise pas le cœur de la narratrice, pourtant habituée à communier avec le ciel. « Des éclairs lointains déchirent le ciel, j’aime l’orage et sa grande colère. » (p. 35)
    Le titre de ce roman aussi bref qu’une giboulée est particulièrement charmant : écouter la pluie, je le fais souvent et avec un plaisir intense. Hélas, je n’ai pas retrouvé la beauté du chant du ciel dans ce texte de Michèle Lesbre. Je suis restée sur le quai, ni happée par la mort du vieil homme, ni entraînée dans l’errance nocturne de la narratrice. De très loin, j’ai suivi sa déambulation bouleversée, sans ciller. D’ordinaire, les écrits de cette auteure m’empoignent et me transportent. Pas cette fois. Mais ça ne m’empêchera pas d’écouter la pluie qu’elle reviendra.