Prescripteurs de saines addictions

1, Le dévoreur de soleil / L'Empire du silence

Christopher Ruocchio

Bragelonne

  • Conseillé par (Librairie Page et Plume)
    15 avril 2020

    Excellent

    De la très bonne dark fantasy matinée de space opéra.


  • Conseillé par
    14 mars 2021

    Par habitude, je me méfie des comparaisons avec des œuvres de grande notoriété, on est vite déçu. Ici, la promesse était d'avoir dans le premier tome de la première saga d'une jeune auteur une fusion du [[ Nom du vent|9782352943556 ], de Dune et de Gladiator. Rien que ça !

    Et en l'occurrence, c'est réussi ! L'Empire du Silence est un premier tome très prometteur. Hadrian Marlowe, héros de sa propre légende, nous raconte comment il va devenir le destructeur d'une race entière d'extra-terrestres (extra-solliens, pour être exacts) : les Cielcins. J'ai aimé ce personnage doué pour le combat, féru de langues, de civilisations et de politiques. J'ai aimé ce personnage plein de convictions et de romantisme. Il est intelligent et se débrouille avec peu pour arriver à ses fins. Pourtant, il n'est pas non plus un archétype de chevalier blanc : il est meurtrier, voleur, fuyard, opportuniste, impulsif et orgueilleux.
    La narration est excellente, quelques longueurs et certaines voies sans issues alourdissant le récit sont quand même à déplorer. Dans l'ensemble, je comprends pourquoi cette écriture efficace évoque celle de P. Rothfuss.

    L'histoire est centrée sur Hadrian Marlowe mais la gamme de personnages secondaires est dense, intéressante car peu commune et encore une fois, tout en nuance : entre sa mère qui n'a aucun goût pour les Marlowe, mais qui aide son fils à s'émanciper ; le noble arriviste, prêt à tout pour marier sa fille à Hadrian mais sans être un mauvais bougre ; l'antagoniste estropié hargneux, protégé par sa supérieure, mais largement capable et féroce au combat, etc.

    Ce qui m'a impressionné, c'est la richesse du lore. L'univers présente une galaxie avec des systèmes politiques, militaires, religieux et sociaux complexes, même si envahissants au début. Il y a une mythologie sous-jacente avec l'existence supposée d'une civilisation plus ancienne que les humains et totalement disparue (ce qui n'est pas sans rappeler les Anciens de Stargate). L'Humanité cohabite avec d'autres races d'aliens aussi, mais elle est colonialiste, expansionniste, esclavagiste. L'Humanité décrite est assez sombre. Le dernier livre de SF que j'ai lu était L'Espace d'un an, autant dire que c'est deux salles, deux ambiances. Les pratiques des humains à l'égard des extraterrestres sont horrifiantes et dignes des conquistadors.

    En parlant de personnages historiques, un des points faibles du roman mais tout à fait assumé, c'est l'utilisation immodéré de références à notre Histoire. Pour une civilisation qui a désormais 17 000 ans d'histoire, dont les peuples ont essaimé depuis longtemps à travers les bras de la galaxie, on peut tout de même trouver fragile de leur faire citer, dans le texte, des auteurs antiques ou contemporains à tout bout de champ.

    Pour le reste, si vous aimez la SF, les grandes épopées et une narration efficace, vous ne serez pas déçus de l'escapade. Peut-être parfois un peu horrifiés mais pas déçus.